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Idir DAVAINE

Né en 1990.

Diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2017.

J’utilise le plus souvent le paysage comme point de départ. Je photographie des espaces ou des détails quelconques de lieux que je traverse, souvent des sous-bois, des plantes, des chemins de montagnes, des parcs etc. ce sont des images anodines et sans qualité. De ces images, j’extraits les signes, tous les signes qui m’apparaissent : des lettres, des chiffres, des drapeaux, des formes, issus des synthèses et des codifications successives que j’opère. 

On pourrait croire que ces signes sont inventés mais ils sont pourtant bien là, parfois cachés, attendant d’être débusqués. J’aime à penser que les paysages, les détails que j’utilise sont comme des partitions qu’il faut apprendre à décrypter, que chacun d’entre eux recèlent une autre lecture possible, moins immédiate, moins morcelée, du réel. 

Apparaît ensuite, au moment de peindre, une histoire imaginaire qui s’élabore à partir du sujet photographié et qui se nourrit du souvenir que j’en ai, exacerbe les formes déjà présentent pour les faire converger vers ce récit qui se construit le temps de la peinture. C’est la dernière transformation majeure qui s’opère sur les formes, sur l’organisation de la toile et tente de lui confèrer un caractère narratif. Ainsi apparaissent des symboles et des signes, comme des strates successives qui se superposent et qui puisent dans des sources très diverses et omniprésentes : la géologie , la cosmologie, les contes, le végétal et l’ornemental et enfin l’histoire de la peinture elle même..

 

C’est la l’objet de mes peintures : mettre à jour les signes cachés, les «rendre visibles» puis les réunir pour les organiser autour d’un récit fictif. 

 

 

" Ce qui s’est déplacé pour certains jeunes gens c’est le plaisir et comment ils l’organisent. Il en est de tinder comme de la consommation des images, on glisse de l’une à l’autre gout de celui ci à celle là et pourquoi pas le jaune avec le blanc? Ou l’inverse? Le reste est question de courage puis d’habitude, il faut d’abord passer le pas… Mais dans tous les cas on est marqué par l’expérience. Il y a là quelque chose avec le glissement du papier, les superpositions, les déchirures et le réel, la vie qui d’un seul coup n’est plus ailleurs. Les décollagistes glissent de la rue à l’atelier, à la galerie puis le musée. Ce mouvement double, duchampien ET matissien, est de l’ordre du glissement majeur et sans doute l’un des plus beau geste de la peinture du 20ème siècle qui en compte pourtant beaucoup. 

Extrayant qui les aplats qui les publicités, qui les lettres, les signes et le reste bien entendu, voici encore de jeunes peintres parfaitement témoins de leurs moments on dira peut être plus tard de leur temps…

 

Le retour classique aux représentations naturels, fleurs, végétations est toujours la recherche d’un nouveau sujet, renouvelé sans cesse par le regardeur. Il y a recherche de sa propre grammaire dans cette observation. Le style s’ouvre petit à petit face à un non sujet ou plutôt le minimum culturel que peut représenter la flore et le paysage.

 

Durant plusieurs années Idir Davaine va dessiner et peindre d’après nature. Puis revenir à l’atelier confronter la vue, le point de vue à la codifications nécessaire, à la transformation en peinture. L’apparition des images semble fidèle à l’original, puis les signes se détachent de la ressemblance et s’organisent pour se confronter à la peinture elle même, toute entière.  

Il peut y avoir ici ou là des souvenirs de formes végétales mais elles semblent animer un corpus plus large que leur propre reconnaissance. S’ajoutent de faux aplats, véritables couleurs par plaques, souvenirs de papiers déchirées et joies des acryliques de qualité. S’installe une peinture puissante et calme qui ne nie pas son rapport à sa propre Histoire, s’en joue et dialogue de gré ou de force avec Elle et son présent fluctuant."

Texte de Stéphane Calais pour la commission d’acquisition du CNAP, Novembre 2019

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