" LUG "

9 JANVIER - 15 FÉVRIER 2020

 

" LUG " - 108 NERO


La Galerie Slika est heureuse de vous présenter la nouvelle exposition en solo de l'artiste italien, originaire d'Alexandrie : 108 Nero.

Lug, Lugus, Lugh ou simplement Lù est le nom d’un des principaux dieux celtes que l’on retrouve dans l’appellation de nombreux lieux, d’Irlande en Espagne, de France en Italie du Nord :

Lugdunum vient du celtique Lug[u]dūnon, « fort de Lugus », ville actuelle de Lyon en France, capitale de la province romaine de Gallia Lugdunensis. La racine proto-celtique du nom « lug » semble provenir de l’une des différentes racines proto-indo-européenne, comme « leug» qui signifie « noir ». Et l’on pensait à une époque que sa racine dérivait du proto-indo-européen « leuk » : « briller ».

Dans la « Guerre des Gaules », Jules César identifie six principaux dieux vénérés en Gaule, par usage de l’interpretario romana, remplaçant les noms gaulois par leur plus proche équivalent romain. Il y raconte que Mercure (Lug) était le dieu le plus vénéré en Gaule, le décrivant ainsi comme le patron du commerce et des affaires, protecteur des voyageurs et l’inventeur de tous les Arts. Ce Mercure gaulois est associé au triplisme : parfois représenté à trois têtes, parfois à trois phallus, ce qui expliquerait ses titres variés.

 

" Tout mon travail est connecté au magique et au spirituel. Chaque exposition réalisée au fil des années était en fait pour moi un rituel. Je pense profondément que le rôle de l’artiste aujourd’hui, dans une société très matérielle, est le même rôle que ceux des sages, shamans, enchanteurs, prêtres et prêtresses de l’ancien temps. D’ailleurs, dans le monde ancien, les arts étaient toujours associés à la magie ou à la religion. Et selon moi, c’est la fonction des arts. Rendre la vie meilleure, plus belle, faire rêver les gens de nouveau.

 

Aujourdhui, je vois clairement qu’un monde totalement rationnel ne peut fonctionner. A l’époque, j’étudiais le dessin industriel à l’Université Polytechnique de Milan, mais au final, j’ai choisi le 21 décembre (jour du solstice d’hiver) pour mettre un terme à mes études. Le jour où le vieux soleil meure et où le nouveau naît. La plupart de mes expositions ont eu lieu un jour de solstice (été et hiver), d’équinoxe, ou alors je travaillais sur des sujets similaires. Mon dernier évènement solo à Milan (2019) portait sur les rêves, le voyage de la pensée et les autres mondes. Lors de ma dernière exposition collective au Musée Archéologique A. Salinas de Palerme, j’ai travaillé avec un bélier en bronze datant de la période Hellénistique (1er-3eme siècle avant JC), avec la sculpture d’Orphée et le symbole des cornes dans le monde ancien. 

 

Dès la première fois où je suis venu à Lyon, j’ai voulu travailler avec l’âme de la ville. La fois dernière, j’ai peint une grande toile en lien avec « Les trois nuits de Samonios », trois jours vers le 1erNovembre considérées les jours les plus magiques de l’année, pendant lesquels les portes de l’autre monde s’ouvrent et où l’on peut rencontrer nos morts. Aujourd’hui encore nous célébrons ces nuits, et on en trouve la trace dans le calendrier de Coligny exposé au Musée Archéologique de Lyon. Cette fois-ci, j’ai décidé de dédier ma nouvelle exposition solo à Lug, le dieu qui a donné son nom à la ville de Lyon et l’inventeur de tous les arts. Je vois mes nouvelles oeuvres créées pour cette occasion comme une série d’objets rituels (comme toujours) et d’offrandes. 

 

J’ai dédié une grande partie de ma vie aux arts, surtout ces dernières années. Je ressens une connexion spéciale avec l’Europe préchrétienne et préromaine. Et, comme je l’ai évoqué, j’éprouve toujours le besoin de faire le lien avec les esprits du lieu où je travaille, et Lug est une divinité qui m’est familière. Je pense réellement que la notion du divin manque à notre monde moderne. Artistiquement, je me suis toujours senti plus proche de l’art celtique (ou de l’art d’orient) que des styles classiques, moins réels, plus idéaux. Les représentations de Lug que nous connaissons proviennent de la période gallo-romaine, alors nous voyons Lug comme un vieil homme ou un dieu à trois visages, ou comme Mercure. Mais ce sont des représentations tardives, nous ne savons pas exactement comment les celtes imaginaient leurs dieux. Probablement pas sous une forme humaine. J’ai toujours une préférence pour ce que mon esprit façonne d’après une idée plutôt que ce que la chose est en réalité. C’est plus fascinant et je pense que c’est mon rôle artistique. "

- 108 Nero -

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Crédit photo: Ghislain Mirat

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