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- Nothing & Horizon - 

EKTA I Daniel Götesson

Du 13 Janvier au 26 Février 2022

Au début des années 1970, l'éditeur Sandoz publie une série de feuillets intitulée « Psychopathologie et expression picturale ». Il s’agit d’une série d’études de cas psychiatriques explorant l’art et l’esprit dont chaque numéro est embelli par des illustrations issues du travail artistique des patients. Les publications ont des titres captivants tels que « Comtesse de banlieue », « Masques et néophormismes chez une fille psychotique » mais également, mon favori : « Matériaux inhabituels dans le travail des schizophrènes ». Quels sont les matériaux HABITUELS dans le travail des schizophrènes ? 

Daniel et moi sommes fascinés par l’honnêteté brute et l’intensité emblématique de l’art psychiatrique, alors quand il m’a présenté les œuvres de cette nouvelle exposition je les ai regardées comme si c’était une publication appartenant à la série d’études de cas de l’éditeur Sandoz. Mais comment la nommer ? « Nothing & Horizon » semble être un excellent titre. Daniel est un rusé élégant, son expressivité brute apparaît spontanément comme des symboles primitifs contenant un langage codé. Beaucoup des œuvres qu’il vous présente, visiteurs français, m’apparaissent comme des danseurs à la fois stylés et névrosés, se mouvant dans un club sur une bande son expérientielle. Ils sont malicieux, dragueurs, énigmatiques et tellement chics dans leur maladresse. 

Je lui ai demandé de réaliser une liste de choses actuellement présentent dans son esprit. En réponse, j'ai reçu une série de messages donnant une fantastique matière première pour ma version Ekta façon publication Sandoz. Le simple fait de demander quel nom je devais lui donner pour ce texte - Daniel Götesson ou Ekta – a donné lieu à une non-réponse dualiste (ce que je préfère apparemment). Mais certains éléments clés de sa réponse m’ont particulièrement éclairé : ses réflexions sur une navigation du vide par la ruse, de la perte d'intérêt lorsque la friction est résolue et d’éviter activement d'être décrypté et expliqué.  "Je suis plus intéressé à créer des problèmes qu'à les résoudre", a dit un jour l'artiste américain Jason Rhoades et il semble que notre Ekta bouge sur la même musique que Rhoades. C'est comme si la machine à fumée et les lumières vacillantes de l'esprit de Daniel avaient rempli la piste de danse de ses œuvres, se bousculant dans une merveilleuse énigme de mouvements décousus. Mais n'ayez pas peur, mettez vos écouteurs, levez-vous et dansez. 

 

Collègue, ami et danseur / Jonas Liveröd

 

In the early 1970s the publisher Sandoz released a series of folios called Psychopathology and pictorial expression. It is a series of psychiatric case studies exploring art and the mind, and each issue is beautifully illustrated by images of the patients work. The publications have captivating titles such as "Countess of suburbia", "Masks and neophormisms in a psychotic girl" and my personal favourite: "Unusual materials in the work of schizophrenics". What are USUAL materials in the work of schizophrenics? 

Both Daniel and I are fascinated by the raw honesty and iconic intensity of psychiatric art, so when he presented me with the works for this show I approached them as if it was a publication in the series of Sandoz case studies. What would his issue be called? Nothing & horizon seems like a great title for his case. Daniel is an elegant trickster, his raw expressiveness appear straight-forward like archaic symbols with a coded language. Many of the works he presents you, the french audience, appear to me like stylish yet neurotic dancers in a club with an existential soundtrack. They are naughty, flirty, enigmatic and so very chic in all their awkwardness. 

I asked him for a list of things currently on his mind. In response I recieved a series of messages that would be wonderful material my Ekta-version of the Sandoz publication. Simply asking what I should call him in this text - Daniel Götesson or Ekta - gives a dualistic non-answer (whatever I prefer apparently). But some key elements in his response I found especially enlightening: His thoughts on navigating emptiness by means of trickery, of loosing interest when friction is solved and actively avoiding being un-riddled and explained. "I am more interested in creating problems than solving them", american artist Jason Rhoades once said and it seems our Ekta moves to the same music as Rhoades. It is as if the smoke machine and flickering lights of Daniels mind has filled the dance floor with his works, bumping around in a wonderful riddle of disjointed moves. But don´t be afraid, put your helmets on and get up and dance. 

 

Colleague, friend and dancer / Jonas Liveröd